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Le Tacot.

 

En 1878, le conseil général émet le vœu de l’établissement d’une ligne secondaire à voie étroite Dompierre – Lapalisse. Après neuf ans d’approbation de principe, de pétitions, la session extraordinaire du 22 octobre 1887 est réservée à l’étude du projet. Une convention est conclue avec la société des Mines de Bert pour la construction de la voie qui fera 42 km.

La ligne fut ouverte le 26 octobre 1893 pour un capital de 2.550 millions de francs, soit 60 000 au km mais les difficultés commencent presque aussitôt. La société des Mines de Bert s’endette ; il faut la mettre en liquidation dès 1894. Exploitée par une administration provisoire, elle est rachetée en décembre 1899. Le nouveau concessionnaire est la Société des Chemins de Fer Economiques. En 1913, dernière année d’exploitation normale, le déficit de la ligne s’élève à 24 430 francs.

Pour aller de Dompierre à Lapalisse, il fallait 2h30. Notre « Tacot » serpentait dans nos campagnes. Il se faufilait dans le bocage.

Il en coûtait 2.50f en deuxième classe et le voyageur disposait de tout le loisir d’admirer les paysages de la plate-forme extérieure, fort appréciée par beau temps. L’hiver, il pouvait s’adonner aux longs bavardages avec ses voisins autour du poêle installé au centre du wagon dont l’atmosphère devenait encore plus intime à la tombée de la nuit, sous la lumière tempérée de la grosse lampe à pétrole.

Notre « Tacot », c’était le petit train du Far-west. La « Laco » toussait, crachait, soufflait… dans les côtes ; elle devenait asthmatique. Il arrivait que les voyageurs soient priés de descendre afin de pousser un peu dans quelques passages difficiles ou d’aider à remettre sur rail une voiture vagabonde.

Par contre, lancée à perdre haleine dans les descentes, elle sifflait de joie, grisée par la vitesse. Elle offrait tout de même des pointes à 20 km/h !!! Au pas de course, les « gars » la rattrapaient aisément sans parler du convoyeur de courrier qui, à cheval, eût rallié plus rapidement le bureau de poste destinataire s’il n’avait eu pour mission de confier les précieuses missives au cheminot. Mais ces « imprévus » n’étonnaient personne. La vie était paisible.

Même une délibération du conseil municipal du 23 juin 1893 demandant l’accélération de la vitesse des trains ne pouvait modifier une lenteur congénitale.

Après la guerre 1914 – 1918, ce fut le déclin. Les autobus, les voitures particulières, les camions se multipliaient.

Le 4 mai 1938, la ligne est supprimée en même temps que celles de Varennes - Commentry, Chantelle – Ebreuil, Varennes – Digoin, Lapalisse – Le Mayet.

 

 

 

 

 

 

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