Le bar n’est pas encore ouvert qu’il divise déjà les 320 habitants de Thionne. Certains estiment que le projet municipal est trop coûteux. Le maire se défend. Il bénéficie de 80% de subventions pour ce commerce.
La ruralité se bat pour sauver ses services publics et ses commerces de proximité. Thionne n’échappe pas à cette triste réalité. Son école a disparu en 1986, son agence postale et son bistrot, « Le Capricorne », en février 2007.
Mais les différentes équipes municipales ont refusé ce scénario de désertification. Elles ont facilité en 1994 l’installation de l’équipe dans une classe de l’école fermée. Les commerçants, Pierre Couprie et son épouse, jouent aussi les postiers puisqu’ils accueillent un point postal. L’alimentation générale propose également un dépôt de pains, un point presse et blanchisserie.
« Sans les aides, un projet trop coûteux »
Le Conseil municipal veut densifier l’offre commerciale aux 320 habitants de la commune. Il soutient l’ouverture d’un café attenant au point multiservices. Mais ce commerce ne fait pas l’unanimité dans le village : « Les exemples de bars en perte de clientèle dans les alentours se multiplient. On dénonce le coût du projet et son intérêt économique », avancent les opposants. Ils ont recueilli 98 signatures pour l’abandon de ce projet de bar : « Les cinq derniers propriétaires ont fermé, faute de clientèle. Cette activité n’est pas rentable ».
Ces arguments ne refroidissent pas les ardeurs du maire Jean-Paul Chérasse et de son Conseil « Bien sûr, un bar tout seul ne peut pas vivre dans notre village. Mais en l’intégrant au point multiservices, ce projet devient viable ».
La municipalité a racheté la licence IV du « Capricorne ». Elle a chiffré l’ouverture du bistrot à 210.000€ : « Il sera aménagé dans l’actuel garage de l’épicier et sous le préau de l’ancienne école. Il faudra, de fait, reconstruire un nouveau garage pour le commerçant. Nous sommes subventionnés à 80% par l’Etat, le Conseil général et la Communauté de Communes. Sans les aides, le projet aurait été trop coûteux ».
« Ne mettra pas en péril les finances »
La commune investira entre 30.000 et 35.000 € pour les travaux d’aménagement et une partie du mobilier : « Cet investissement ne mettra pas en péril nos finances. Je rappelle que les taux d’imposition de la commune font partie des plus faibles du département. Il faudrait augmenter de 70% la taxe d’habitation pour arriver à la moyenne de celle pratiquée dans le canton de Jaligny. Nous avons de la marge ».
« Les cinq derniers propriétaires ont fermé faute de clientèle »
Le bar ouvrera en août ou septembre. Il ne devrait pas être tenu par les actuels commerçants du point multiservices. Le couple souhaite vendre :
« A la place du bar, on propose plutôt l’aménagement du bourg, des jeux pour les enfants ou la création d’un accueil pour les personnes dépendantes », suggèrent les opposants.
Pour l’heure, le maire privilégie « un lieu de lien social et de rencontres » :
« Les communes rurales et leurs habitants se mobilisent pour préserver les services publics et les commerces de proximité. A Thionne, on s’efforce de maintenir et de proposer de nouveaux services et une partie de sa population s’y oppose. C’est le monde à l’envers »
vendredi 9 janvier, 2009