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Voyage à Oradour sur Glane des élèves de la maison familiale de Saligny sur Roudon

 

Oradour sur Glane

C’est dans le cadre du Prix National de la « Mémoire et du Civisme » André Maginot qui a été crée en 1993, que les élèves de 4ème et de 3ème de l’enseignement agricole de la Maison Familiale se sont rendus à Oradour sur Glane. Le prix « du Devoir de Mémoire et du civisme » récompense les meilleurs récits ou comptes rendus de visites sur les hauts lieux historiques en France ou à l’étranger.

Le village d’Oradour, témoin d’un drame, invite à une réflexion de portée universelle sur la guerre et sur les actes inacceptablent qu’elle peut infliger aux populations du monde.


Le 10 juin 1944 en début d'après-midi, les Waffen S.S. encerclent Oradour et rabattent vers le centre-bourg les personnes qui travaillent dans les champs. La population est rassemblée sur la place principale (le Champ de Foire) pour le prétexte d'un contrôle d'identité. Les hommes sont séparés des femmes et des enfants qui seront menés dans l'église. Les hommes sont répartis en six groupes et menés dans les plus grandes remises ou granges d'Oradour où les allemands ont installé des mitrailleuses.

A 16 heures, et en quelques secondes les hommes sont abattus sans comprendre pourquoi. Certaines victimes recevront le coup de grâce. Les allemands recouvrent les corps de matériaux combustibles et mettent le feu dans ces lieux de supplices ainsi qu'aux maisons. Seulement cinq hommes pourront s’en sortir sans être abattus par les bourreaux. A 17 heures, c'est malheureusement au tour des femmes et des enfants (400 personnes) réunis dans la petite église. Les allemands déposent une caisse au milieu de la foule, au milieu de l'édifice. Il en dépasse un cordon qu'ils allument. Cette caisse destinée à asphyxier, explose et met en éclat les vitraux.

L'asphyxie ne s'opère alors pas comme les allemands le prévoyaient. C'est alors qu'ils tirent sur les femmes et les enfants. (Aujourd'hui, on peut encore voir les impacts des balles sur les murs intérieurs de l'église). Une femme, Mme Rouffanche, parvient à s'enfuir par un vitrail. Elle est suivie par une autre femme et son bébé. Les cris du bébé alertant les allemands, ces trois personnes sont mitraillées. Seule Mme Rouffanche, bien que blessée, survit en se cachant dans un rang de petits pois dans le jardin du presbytère.

Le pillage et la destruction du village se poursuit en fin d'après-midi. Les personnes qui sont simplement blessées meurent brûlées vives. Au lendemain, il n'existe plus que des pans de murs calcinés desquels s'échappent encore de la fumée. Oradour-sur-Glane est rayé de la carte avec ses habitants (328 constructions et 642 victimes). On ne compte que six survivants au massacre (personnes s'étant échappées des lieux de supplice) : 5 hommes et une femme. Quelques autres personnes échappent à la tragédie car elles sont absentes du bourg ou se sont cachées ou enfuies à l'arrivée des allemands par crainte.

Dès l’arrivée la visite a débuté par le Centre de la Mémoire qui a permis aux élèves de comprendre et de situer ce drame dans son contexte historique, les élèves ont été attentifs aux explications et ont répondu positivement aux questions du guide. L’après midi a été consacrée, malgré le mauvais temps, à la visite du village martyr. Les élèves ont pu découvrir l’horreur de cette journée du 10 juin 1944, comment un peuple civilisé avait pu produire de tels actes. Soixante quatre ans se sont écoulés depuis et encore aujourd’hui des élèves se posent encore des questions sur ces atrocités. La visite c’est terminée par la dépose d’une gerbe de la section AGMG-A.FN. de Saligny sur Roudon, par trois élèves, et une minute de silence fut observée.

Sur le chemin du retour une visite à la manufacture de Porcelaine de Limoges permit aux élèves de suivre toutes les étapes de la fabrication, depuis la matière première jusqu’au produit fini. Certains élèves ont pu s’adonner à l’émaillage d’assiettes.
Sous une pluie battante le bus regagna Saligny sur Roudon, des murmures et des pensées préoccupaient les élèves sur la visite du village martyr en ruine. Ils ne pouvaient saisir l’étendue des cruautés qu’ils avaient vu cette journée et se dire que nous devons construire ensemble un monde fraternel où les hommes sont libres, respectés, dignes et solidaires. « un peuple sans mémoire est peuple sans avenir ».

vendredi 25 avril, 2008

Correspondant : Lucien Vaniet - Tel 04 70 42 20 47

 

 

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